samedi 3 mars 2012

Monnaie, dette, chômage et pouvoir d'achat





Comment faire pour sortir de la crise ?
Comment résoudre le problème du chômage ?
Comment augmenter le pouvoir d'achat ?

Voici une solution simple et efficace…




Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi il existe une dette aussi importante, pourquoi même les experts et les politiques semblent incapables de résoudre la crise de la dette ?
Pourquoi le chômage persiste alors qu'il y a tant de choses à faire, tant de problèmes à résoudre, tant de nouveaux biens et services à inventer et à mettre en place ?
Pourquoi la majorité d'entre nous a l'impression de s'appauvrir de jour en jour alors que d'autres voient leurs revenus augmenter exponentiellement et sans effort ?

Si personne n'arrive à répondre à toutes ces questions, c'est parce qu'il existe au cœur de notre société, quasiment invisible et inconnue de tous, une énorme perte d'énergie, une fuite cachée qui dévore de l'intérieur toutes nos tentatives de progrès.




Il est temps de dévoiler l'étendue des conséquences destructrices de cette injustifiable prédation.

Tout d'abord, il faut dire, expliquer, et répéter sans cesse qu'un seul secteur de la société détermine par son action l'ensemble des conditions économiques de notre société. Ce contrôle s'exerce par l'exclusivité que ce secteur possède sur le système de création et de distribution monétaires.

C'est un secret peu connu (sauf de ceux qui en profitent), mais c'est un fait : un ensemble d'acteurs économiques, grandes entreprises, banques et conglomérats financiers, allié aux gouvernements nationaux, a réussi, par une action parfaitement coordonnée et après bien des combats et une quantité d'avancées progressives, à prendre le contrôle d'un bien public fondamental, indispensable à la prospérité de notre société, un bien vital et quotidien : la monnaie.

La monnaie est pour une communauté LE moyen d'échange universel et indispensable. C'est la monnaie qui permet d'acheter, de vendre, d'échanger les productions et les richesses respectives de chacun, d'assurer la satisfaction mutuelle des besoins et des désirs, d’investir, de vivre. Il s'agit là d'un enjeu capital pour la bonne gestion et la prospérité d'une société, et le contrôle du système monétaire garantit à ceux qui le possèdent une puissance d'action et de décision incommensurable, bien plus importante que celle des états eux-mêmes.

Malheureusement, c'est ce système lui-même qui nous a tous engloutis sous une gigantesque montagne de dettes, car sa conception même porte en elle la nécessité absolue de l'endettement.

C'est ce système qui nous empêche d'inventer et de créer les solutions commerciales et industrielles de demain, de créer des entreprises innovantes, d'embaucher des jeunes, car ce système nous vole notre temps et notre argent, en nous obligeant tous à courir sur un tapis roulant qui tourne à l'envers : le tapis roulant de la dette à rembourser, qui s'accumule et s'additionne en permanence.

C'est ce système qui pompe à son profit les gains de productivité immenses que la société produit tous les jours, au lieu d'en faire profiter à parts égales tous les citoyens passés, présents et à venir qui en sont précisément les créateurs.

Ce système est en train de s'effondrer, et menace d'emporter avec lui notre économie, et nos économies ! Et personne n'a rien de mieux à proposer. Essayer de préserver un monde qui s'écroule en renflouant les banques ou en imposant l'austérité aux populations, c'est la pire chose à faire. La société et l'économie ont tout à y perdre.

Ce système est-il vraiment le meilleur possible ?
N'y a-t-il pas d'autres solutions ? Si oui, comment les mettre en place ?

Vous allez le découvrir dans un instant, mais d'abord, si les conséquences de cet état de fait sont à ce point destructrices, comment se fait-il qu'on l'ait laissé se mettre en place, et comment se fait-il que personne n'en parle dans les grands médias ? Réponse : parce que le système repose sur l'incompréhension de son fonctionnement par le grand public, et sur le désintérêt ou l'ignorance de la plupart des politiciens, qui se contentent, comme tout le monde, de plusieurs idées fausses bien enracinées. Mais si l'on ne comprend pas le problème, comment pourrait-on imaginer sa solution ?


Premier problème, un petit secret tellement simple qu'il n'y a même pas besoin de le cacher :

La plupart des gens croient que les banques ne font que recevoir l'argent de ceux qui font des économies, et le prêter à ceux qui empruntent. On pense généralement que quand les banques accordent un crédit à quelqu'un, elle prêtent de l'argent préalablement épargné par quelqu'un d'autre, quoi de plus normal ? Hé bien... pas du tout.

Il y a un fait que beaucoup de gens ignorent : une banque n'a pas besoin d'avoir de l'argent pour en "prêter". Mais alors, d'où vient l'argent ? 

C'est difficile à croire, mais quand vous achetez à crédit une voiture, une maison, du matériel pour votre entreprise, et que votre banque vous accorde un "prêt", elle n'utilise pas les économies d'un épargnant. Quand vous sortez de la banque avec votre dossier accepté et le plein d'argent sur votre compte, personne, absolument personne, n'a vu ses économies diminuer. Non.
Votre banquier a contrôlé votre dossier, donné son accord, allumé son ordinateur, et il a tout simplement crédité votre compte en entrant des chiffres sur son clavier. C'est aussi simple que cela. Et c'est cela, la création monétaire.
La réponse à la question "D'où vient l'argent ?" est donc tout simplement : "De nulle part."
Vous repartez avec le plein d'argent, et cet argent que vous avez "emprunté" a été créé à partir de rien, "ex nihilo", en saisissant deux écritures comptables sur un ordinateur. Et cet argent nouveau, vous allez le dépenser, et il va devenir la monnaie commune, et circuler dans l'ensemble de l'économie. Votre dette est devenue de la monnaie.
C'est assez difficile à admettre bien sûr, mais c'est la réalité.

La Banque de France elle-même l'explique très clairement dans son livret "La monnaie et nous", dont voici quelques extraits :
Page 11 : "La banque augmente par le crédit le montant des dépôts et crée de la monnaie... La banque inscrit le montant du crédit au compte de l’entreprise : la banque a créé de la monnaie."
Page 15 : "L’argent créé par le banquier prêteur se retrouve en dépôt dans d’autres établissements bancaires."
Page 29 : "Le crédit… fait apparaître sur un compte une somme qui n’existait pas auparavant."

En réalité, la quasi-totalité de la monnaie actuellement en circulation a été fabriquée de cette façon. A partir de rien, par les banques, quand elle créent des crédits. 

Le seul moyen de créer de l'argent pour nous, le public, pour les entreprises et même pour l'état, c'est de prendre des crédits auprès des banques, de s'endetter. Autrement dit, quasiment chaque centime dont nous avons besoin pour faire tourner l'économie (les commerces, les entreprises, les usines, les écoles, les hôpitaux, les ministères…) a du d'abord être emprunté. Ce qui signifie que la quasi totalité de la masse monétaire en circulation est une dette soumise à un intérêt.


La première conséquence, dévastatrice, c'est que collectivement, nous sommes tous endettés. Si quelqu'un possède mille euros, ou un million, il y a obligatoirement quelqu'un d'autre, quelque part, qui est débiteur de mille euros, ou d'un million. On peut se désendetter individuellement, c'est-à-dire que quelqu'un peut amasser de l'argent pour rembourser sa propre part de dette, mais collectivement, c'est impossible. Si quelqu'un a trouvé de l'argent pour lui-même, c'est forcément que quelqu'un d'autre en a moins. D'où les faillites, d'où cette impression que nous ressentons tous d'une concurrence impitoyable pour obtenir une monnaie qui sera toujours structurellement insuffisante, car le total ne peut grandir que par une injection de dette nouvelle, ce qui ne fait que déplacer le problème. Il n'y aura jamais assez d'argent pour payer la dette, car si l'argent augmente, c'est que la dette a augmenté. Si on veut de l'argent en plus, il faut emprunter en plus !

Mais il y a pire : si pour une raison ou une autre, notre confiance dans l'avenir de l'économie diminue un tant soit peu (que cette raison soit vraie ou fausse, peu importe), nous allons avoir tendance, collectivement, à moins vouloir prendre de risques, et donc, entre autres, à moins vouloir emprunter. Puisque c'est l'emprunt qui crée la monnaie, la conséquence directe de ce comportement collectif sera de diminuer légèrement la quantité de monnaie en circulation. S'il y a moins de monnaie en circulation, cela signifie qu'il devient pour tout le monde un petit peu plus difficile d'acheter, de consommer, de vendre, d'échanger, de produire. Du coup, l'activité ralentit légèrement. Du coup, la confiance baisse, nous dépensons moins, nous empruntons moins, et la quantité de monnaie en circulation diminue encore, ce qui ralentit encore l'activité… Du coup, notre confiance dans l'économie diminue vraiment, et nous réduisons vraiment nos emprunts, nos dépenses, nous nous mettons même à "faire attention", à économiser ! Du coup, la quantité de monnaie en circulation diminue encore, les échanges diminuent encore, et la spirale est lancée. C'est un enchaînement d'effets procycliques (qui augmentent le cycle), et qui font qu'une véritable crise se met en place et grandit. La crise monétaire est devenue une crise économique.

Attention, il y a encore une autre faille, immense, dans notre système monétaire actuel, c'est que le système bancaire, qui est donc l'émetteur de la monnaie commune par le crédit, en est également le principal distributeur. En effet, c'est le secteur bancaire, de fait, qui détermine qui seront les bénéficiaires du crédit, et partant, de la nouvelle monnaie mise en circulation. Ces décisions, bien entendu, sont prises non pas en fonction des souhaits des citoyens, mais en fonction des besoins de profitabilité et de sécurité de l'émetteur de crédit, qui est une entreprise privée, qui doit donc faire des profits et rendre des comptes, si possible bénéficiaires, à ses actionnaires, qui doit payer des salaires, des bonus. Par conséquent, et structurellement, l'émission de monnaie est effectuée selon les intérêts exclusifs de l'émetteur et sans tenir aucun compte des intérêts de la société au sens large.

Dernier effet pervers supplémentaire peu connu : l'action de l’État ne peut pas s'exercer par la création monétaire et par l'orientation de la nouvelle monnaie dans l'économie. L'action de l’État est de fait limitée à la fiscalité, c'est à dire à un jeu à somme nulle de redistribution de monnaie pré-existante. Si l’État veut utiliser malgré tout l'outil monétaire, il ne peut que s'endetter lui-même. Et c'est précisément ce que nous constatons.


Ce système est mondial et contrôlé par les plus grandes institutions financières de la planète. Quasiment tous les pays du monde sont soumis au même système. Nous sommes face à une usurpation du pouvoir de créer la monnaie par un cartel privé global. C'est une privatisation à grande échelle d'un bien public fondamental.

Attention, ce n'est pas du tout une conspiration, c'est un système qui a été mis en place progressivement de façon tout à fait légale, et qui est enseigné et étudié dans toutes les écoles de finance et d'économie. Le terme technique est "système de couverture fractionnaire", ou "à réserve fractionnaire". Il permet la distribution privée, arbitraire et payante d'un bien social vital pour la société, de son seul moyen d'échange : la monnaie. Et ce système exige l’endettement infini et exponentiel de la société et des États. Et c'est exactement ce qui est en train de se produire sous nos yeux.


Cela ne peut pas durer, et tout le monde le sait. L'endettement perpétuel et obligatoire des particuliers, des entreprises et des états arrive à un point de non-retour. La croissance, qui pouvait masquer jusqu'ici les effets prédateurs de l'intérêt infini à payer, a ralenti. La pyramide est en train de s'écrouler.

Mais comme des lapins éblouis, presque tous nos représentants politiques sont dans l'incapacité totale d'agir, paralysés par leurs propres intérêts et par l'inertie du mastodonte. Les seules solutions proposées consistent à créer encore plus d'argent, donc de dette, dans l'espoir d'empêcher le système de s'autodétruire et de se coincer complètement. C'est empiler de la folie sur de la folie. Cela ne peut mener qu'à une gigantesque implosion par évaporation totale et inévitable de l'ensemble du système (crise systémique), conduisant tout droit à la disparition de l'argent, et donc in fine, à l'impossibilité d'accomplir les transactions économiques de base : faire un chèque, tirer de l'argent au distributeur, acheter du pain ou de l'essence. Les conséquences d'une telle catastrophe sont beaucoup trop destructrices pour être seulement même envisagées, et pourtant, c'est vers ce mur que nous roulons à 300 à l'heure.

Il est très urgent de sortir du tourbillon vicieux où notre économie est en train de sombrer, et de trouver rapidement un moyen de distribuer la monnaie d'une façon nouvelle, équitable, régulière et surtout libre de dette. Il faut ensuite mettre ce nouveau paradigme en place d'une manière progressive, afin d'en étudier tous les effets et de pouvoir en ajuster les paramètres.




Beaucoup de gens en France sont en train d'étudier ces questions et de développer un véritable programme d'action pour s'attaquer à la racine des problèmes. La priorité la plus impérieuse et la plus pressante est que la création monétaire redevienne ce qu'elle aurait toujours dû rester : le privilège des citoyens qui en sont les premiers utilisateurs et qui doivent en rester les premiers bénéficiaires. 

Pour que le système de monnaie redevienne équitable et cesse de bénéficier à un cartel privé au détriment de tous, il est indispensable que chaque citoyen présent ou à venir ait la garantie de recevoir une part égale et régulière de la monnaie commune. La mesure principale d'urgence est donc le versement d'une part de monnaie individuelle qui soit créditée de manière inconditionnelle et régulière sur le compte personnel de chaque citoyen. Un dividende universel monétaire.

Pour tenir compte des contraintes du système européen, il convient de verser ce dividende sous la forme d'une somme d'argent exprimée dans une nouvelle monnaie. Quel que soit son nom, cette monnaie complémentaire devra, pour devenir dès son émission un moyen d'échange reconnu par l'ensemble de la communauté, être acceptée en paiement des impôts et taxes au même titre que l'euro et à parité avec l'euro. On obtient ainsi un nouveau moyen de paiement et d'échange, libre de dette, distribué équitablement à chaque citoyen et utilisable en complément de la monnaie commune pour toutes les opérations monétaires habituelles.

C'est le moyen le moins violent, le moins coercitif, le plus efficace et le plus réaliste de rendre le pouvoir monétaire à la société civile. C'est la priorité.

Cette mise en place pourra être accompagné d'une série d'autres mesures complémentaires importantes, dont le détail et le calendrier devront être débattus démocratiquement : restructuration de la dette, déprivatisation des moyens de paiement, mise en place d'un système bancaire à réserves pleines, mutualisation du crédit.


Les deux conséquences principales de cette réforme seront mesurables immédiatement : reprise de l'activité, augmentation du pouvoir d'achat, et réduction progressive de la dette.

Les conséquences secondaires s'établiront au fur et à mesure de la mise en place : libération de l'initiative individuelle, renouveau de la création d'entreprise, reprise de l'embauche, rééquilibrage des secteurs économiques, aplanissement des cycles euphorie/dépression, disparition de l'extrême pauvreté, réduction des inégalités, transition d'une société d'égoïsme et de profit vers une société de partage et de contribution.

C'est la solution la plus noble, la plus éthique et la plus humaine aux problèmes complexes auxquels nous faisons face. C'est remettre chaque être humain au centre de la société. C'est sortir de la crise par le haut, en utilisant des moyens vertueux et justes. C'est libérer la vie et la créativité de chacun. C'est rendre l'économie et la liberté aux citoyens.

La plupart des politiciens essayent de réparer un système faussé dans ses fondements même. Si nous les laissons continuer, il nous enfonceront dans une dette infinie, au mépris des plus démunis, des plus faibles que nous deviendrons tous, au mépris de nos enfants et de notre planète.

Nous devons mettre en place une solution inédite.

C'est inévitable, et c'est urgent.



       Gérard Foucher
       23 février 2012




Notes : 

1. Destruction monétaire
Je n'aborde pas dans ce texte la destruction de monnaie, qui est simplement l'annulation comptable de la dette quand un crédit est remboursé. En réalité, ce qui compte, c'est la masse monétaire, et son évolution par rapport à la production et aux échanges réels. 
Or, dans le système actuel, la masse monétaire varie, à la hausse comme à la baisse, en fonction de la différence entre crédit émis et crédits remboursés, c'est à dire en fonction de la volonté des agents à "prêter" et à emprunter... c'est à dire en fonction de la confiance des agents dans l'avenir, en fonction de critères psychologiques ! 
En période d'optimisme, les banquiers veulent prêter, les clients veulent emprunter. En période de pessimisme, les banquiers deviennent frileux, et les clients aussi ! En gros, la masse monétaire varie selon que le vent vient du Nord ou du Sud. De plus, l'optimisme comme le pessimisme sont soumis à de nombreux facteurs procycliques, ce qui crée par nature une succession inévitable de bulles et de dépressions. 
Le Dividende Universel monétaire résout ces problèmes. En effet, elle est calculée selon des critères objectifs et mesurables, entre autres la masse monétaire existante et l'espérance de vie moyenne dans la zone monétaire concernée. (Ce post de Stéphane Laborde explique les bases du calcul.)
De plus, le D.U. est censé prendre la place, à terme, de la création monétaire par l'emprunt, et rend donc indispensable, d'une part l'émergence d'un système de crédit mutualisé et d’autre part, le remplacement du système à réserve fractionnaire par un système à réserve pleine. Dans un système à D.U., il n'y a donc plus de destruction de monnaie. Ce besoin disparaît naturellement, car d'une part le circuit du crédit devient un circuit fermé entre épargnants et emprunteurs, il ne déborde plus indûment dans l'économie commune ; et d'autre part, le D.U., devenu le seul canal d'injection monétaire, est calculé et régulé pour que la quantité de monnaie créée soit suffisante et régulière.
Enfin, la création monétaire par D.U. repose sur le droit de chaque citoyen à émettre/recevoir sa part de monnaie en propre. Quand chaque citoyen reçoit 100, c'est chaque citoyen qui a émis 100/N de monnaie distribué à chaque N autres citoyens. La question d'un remboursement ne se pose donc pas, et par conséquent celle de la destruction non plus. 

2. Inflation 
Le contrôle de la création monétaire a été attribué au système bancaire au prétexte qu'il n'était plus possible d'en laisser la responsabilité aux politiciens, à cause du risque d'inflation (les brouettes, Weimar, le Zimbabwé !  :^). 
Or, nous le constatons, la Finance, en prenant ce contrôle, s'est en fait alliée aux états pour encore mieux en faire profit, et cette fois-ci en diriger le flux arbitrairement vers les secteurs les plus sûrs et les plus rentables, tout en obligeant les états à créer toujours autant de monnaie, mais cette fois-ci en la leur empruntant ! Cette évolution, toute positive qu'elle eût été alors que les besoins de l'industrie étaient en phase avec ceux des hommes, devient aujourd’hui un facteur immense d'inégalité et de destruction, créant bulles et récessions, et menaçant d'imploser à tout instant. 
Tout comme la contrepartie de la monnaie-dette était in fine le contribuable, la contrepartie de la monnaie à D.U., ce sont les êtres humains qui la reçoivent. La monnaie repose toujours sur une promesse, la promesse que chaque citoyen possède en lui-même ses propres capacités de production et de création, et sur la confiance que la communauté lui accorde pour qu'il les utilise à créer les richesses futures. 
La création monétaire par D.U. repose effectivement sur une légère et régulière inflation, précisément répartie sur l'ensemble de la société. En tout état de cause, l'augmentation éventuelle des prix ne pourra que suivre celle de la masse monétaire, jamais la dépasser. La création de monnaie doit donc bien entendu se faire selon des critères objectifs, mesurables, transparents, équitables et incontestables. C’est tout l'enjeu de son calcul et de son attribution. 
La tentation inflationniste existe effectivement à chaque fois que l'on confie l'émission monétaire à un centre exclusif (secteur bancaire ou Etat) qui sera inévitablement tenté d'utiliser ce pouvoir à son profit. Mais la question ne se pose plus dans un système a‑centré où l'émission est faite par et pour chaque individu. 

3. Risque de non-acceptation de la monnaie complémentaire par les agents
La part de monnaie complémentaire rapportée à l'ensemble de la masse de monnaie primaire existante sera par nature variable et progressive. Partant de 0%, le pourcentage augmentera en fonction de l'évolution du D.U. Il serait donc logique, statistiquement, que tout agent ait ce même pourcentage de chances de recevoir soit l'ancienne soit la nouvelle monnaie. Par ailleurs, le change sera inévitablement possible, officiellement ou non, permettant à chacun d'acquérir l'une ou l’autre monnaie pour ses besoins personnels. De plus, dans la mesure où les usages les plus communs de la monnaie (paiement des services publics, fiscalité, etc) sont intrinsèques à la monnaie complémentaire, les raisons de la refuser ne sont pas légion.


Pour prolonger ces réflexions, vous pouvez étudier les analyses de Stanislas JourdanStéphane LabordeYoland BressonBernard LietaerBen DysonBill StillJohn Perkins, Maurice Allais, Frédéric Lordon...


6 commentaires:

Galuel a dit…

Vraiment excellent en TOUS points !

Notes y compris, l'inflation et la promesse de chaque être humain est une explication magnifiquement claire !

Un promoteur du Dividende Universel ne saurait être plus précis dans toutes les dimensions explicatives.

blebas7 a dit…

bravo Gérard, un boulot sérieux et constructif; je vais te diffuser un max !^^

Collectif AAA du Canton de Montignac a dit…

Bravo ! félicitations pour ce texte.

Collectif AAA du Canton de Montignac a dit…

le collectif AAA c'est Marc Jutier !!

philogos-rainbow a dit…

Merci pour cet article.
bonne continuation,

Anonyme a dit…

Je viens de découvrir cette explication, je pense qu'il faut chercher plus loin, c'est trop énorme, mais surement vrai.......
Ne pas avaler des couleuvres mais nous forcer à réfléchir, voilà le vrai sens de ces articles. Bravo et Merci